Vic-en-Bigorre et Magnoac honorent la mémoire d’André Lahaille, figure du rugby départemental

Jeannette, la soeur de « Dédé », vient de dévoiler la plaque apposée aux tribunes du stade Jean Morère de Castelnau-Magnoac, ce dimanche matin 8 décembre. Le président du Magnoac F.C. l’accompagne…

Photo Jean-Louis Ibanez

Ce dimanche matin 8 décembre, deux émouvantes cérémonies ont eu lieu à Castelnau-Magnoac, la première au cimetière du village, la seconde au stade Jean Morère. Profitant du match Magnoac / U.S.V. XV, une journée en hommage à André Lahaille, décédé en avril dernier, a été organisée par les anciens des équipes de Vic et de Magnoac parmi lesquels Claude Tajan, Gilles Rousse et tant d’autres… Une belle journée qui fera date !

André avait joué et entraîné, en effet, au sein de ces deux clubs. Auparavant, il avait aussi joué au Stado en qualité de pilier, en particulier, mais encore au F.C. Lourdes. Découvrez, plus bas, son parcours de vie, rédigé par mes soins dans le mensuel Les Collines du Magnoac, numéro 367 d’avril 2019.

Gérard Casamajou, ancien trois-quarts centre de Vic-en-Bigorre, a rappelé, au cimetière, combien « Dédé » avait marqué le club à la fin des années 70. « Kéké » Labarrière a déposé une plaque sur la tombe, les anciens du Magnoac des fleurs. Ils étaient quasiment tous présents les anciens de Vic, venus en bus, comme au bon vieux temps de leurs déplacements lorsqu’ils disputaient le championnat avec André. Jean-Marc Louge, ancien du club de Magnoac, a aussi rappelé l’engagement de « Dédé » en faveur du rugby magnoacais. André Lahaille a été d’ailleurs président du Magnoac entre 1985 et 1988. Au stade Jean Morère, une plaque a été dévoilée, face à une nombreuse assistance, par sa soeur Jeannette. La famille était présente, en particulier ses filles Jeanine et Sandra. Auparavant, toujours au stade, des fleurs ont été déposées par Max Castets, ancien joueur magnoacais, devant la stèle dressée en honneur aux défunts du M.F.C.

Jean-Louis Ibanez

Le repas d’avant-match Magnoac – Vic. La table de Pierre Vidou, vice-président du M.F.C.
De gauche à droite : Marie-Hélène et Pierre Vidou, Jean-Louis Sabathé, Guy Dubosc, Michel Navailh, Gégé Abadie, Jean-Louis Cabos, Jean-Pierre Péguilhan.

Photo JLI

Jeanine Lahaille et quelques anciens de Vic-en-Bigorre, co-équipiers de « Dédé », après le repas et pendant le match des équipes II

Photo JLI

« Dédé », nous étions nombreux à t’apprécier !

André Lahaille a quitté les siens en ce début de printemps. « Dédé » était une figure emblématique du Magnoac (et au-delà) : il va nous manquer. Sa présence chaleureuse et incontournable au sein de l’auberge « Nousté Temps », tenue par sa fille Jeanine, sa bonhomie vont nous faire défaut. Il ne ratait jamais l’occasion de faire le tour des tables pour saluer les gens.

On a désormais du mal à imaginer son absence physique. Nombreux sont celles et ceux qui pourraient évoquer des anecdotes, des faits, des souvenirs, des moments clefs vécus avec Dédé. On pourrait alors rédiger un élégant ouvrage à l’allure plutôt volumineuse. N’hésitez pas à échanger vos souvenirs entre amis : peut-être qu’au plus profond de votre être, vous entendrez les mots chaleureux que Dédé savait adresser à chacun. André aurait fêté ses 81 ans le 28 mai prochain. On avait encore beaucoup de choses à vivre avec lui, beaucoup de paroles à échanger, peut-être aussi beaucoup à apprendre à partir de sa riche expérience humaine. Un homme de 80 ans a, très souvent, pas mal de choses à nous dire sur la vie et sur les évolutions de celle-ci, même si, aujourd’hui, ce chiffre n’est plus forcément synonyme d’un âge canonique.

On appréciait « Dédé » : une foule difficile à recenser a tenu à le manifester à ses proches, à l’occasion des funérailles, à sa sœur Jeannette, à ses filles Jeanine et Sandra mais aussi à Lou, Corinne et Sébastien, Léna et Théo, Dylan, Vincent, Eva et Léo, à la parenté élargie. André portait peut-être des blessures en lui, des déceptions. Qui peut se targuer de ne pas en avoir ? Les engagements publics ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur mais, tout de même, Dédé forçait le respect chez de nombreuses personnes, toutes générations confondues. J’avais remarqué combien les jeunes allaient facilement vers lui, peut-être le voyaient-ils auréolé d’un parcours légendaire en raison de sa carrière rugbystique. J’avais pu apprécier cet homme convivial au moment où le Magnoac F.C. préparait son centenaire (et encore plus par la suite). Je lui avais demandé de mettre par écrit son témoignage (sur son parcours personnel et sur le club) pour insertion dans l’ouvrage en question. Quelques années plus tard, entre anciens présidents du même club, nous pouvions désormais nous comprendre sur certaines choses ! Oui, échanger avec Dédé était enrichissant et peut-être rassurant.

Il avait tenu à me raconter en détail son parcours rugbystique, voici deux ans. Nous étions assis autour du verre de l’amitié et de la table de la salle à manger, chez lui : j’avais conscience de vivre un moment privilégié. Mais revenons à son histoire viscérale avec le rugby. Comme beaucoup de sa génération, Dédé, enfant, est supporter du Magnoac Football Club (M.F.C.) avec son père Henri. La guerre est terminée. C’est à Notre-Dame de Garaison où il est scolarisé qu’il pratique lui-même le rugby. Le Père Yves Laguilhony, jeune religieux, lui offre son premier équipement sportif. Ce sera un moment fondateur… Au Magnoac F.C., il joue très vite avec les seniors (avant l’âge) occupant le poste n°10 en particulier. Ses qualités de jeu et sa vaillance lui valent d’être vite repéré par le Comité Armagnac-Bigorre (pour intégrer les juniors B) puis par le Stado, toujours en qualité de junior. Il est ensuite sélectionné dans l’équipe France B Espoirs. Il se lie d’amitié avec ses coéquipiers de Tarbes et, en particulier, avec le grand Jean Dupuy, mieux connu sous le surnom de « Pipiou », l’un des meilleurs ailiers mondiaux au début des années 60. De solides amitiés tarbaises qui demeureront !

Nouvelle aventure : il quitte Tarbes pour rejoindre, trois années durant, le mythique F.C. Lourdes ! Il s’envole ensuite vers le grand nord pour intégrer le club de Vic-en-Bigorre avec lequel il remporte un titre de Champion de France 2e division, en 1977, face à Pamiers. D’ailleurs, en septembre 2017, cette équipe championne est venue festoyer à l’auberge de Jeanine. Dédé était heureux d’avoir chez lui la quasi-totalité de cette dernière : il en avait été l’entraineur-joueur. Nous avions immortalisé ce moment dans « Les Collines du Magnoac ». A la fin des années 70, un retour sur ses terres natales le conduit finalement à poursuivre au M.F.C. en qualité aussi d’entraîneur-joueur. Le club connaît sa plus haute marche puisqu’il accède en 2e division en 1980. De 1985 à 1988, André est président du club. Un départ en Argentine, pour motif professionnel, l’oblige à stopper avec le rugby mais le virus revient lorsqu’en 1999, son mentor Yves Laguilhony sauve le M.F.C. : Dédé s’engage de nouveau comme dirigeant durant quelques années. En 2007, il est sollicité pour intégrer l’équipe de préparation des festivités du centenaire du club.

Des indices sur ce parcours sont bien présents au sein de la charmante auberge familiale à laquelle il était attaché. En nous y rendant, à l’avenir, nous penserons à Dédé, à cet homme éclectique qui aura d’abord eu une vie professionnelle dense dans l’agriculture occupant aussi des responsabilités à la Chambre d’Agriculture, au C.D.J.A., à la F.D.S.E.A. 65 (il en sera le président) mais aussi à la municipalité de Castelnau-Magnoac où il sera élu de 1971 à 1989 dont un mandat en qualité de second adjoint (1983-1989). Il aurait très bien pu occuper de plus hautes fonctions dans ses engagements civils tout comme il aurait aussi été en capacité d’évoluer dans d’autres grands clubs de rugby. Voici ce qu’un journal écrivait de lui, au moment où il jouait au Stado à Tarbes : « trempé de rosé sentimentale, l’amour du Stado et de ses copains lui suffit ». Finalement, le plus bel héritage que nous laisse une personne est le sillon qu’elle a creusé, modestement, et dans lequel nous pouvons trouver une boussole pour poursuivre notre aventure terrestre. Dédé a suscité de la passion, de l’amitié, le sens de l’engagement. Merci Dédé. Le Magnoac sportif, tes nombreux amis d’ici ou de plus loin et la grande famille de l’ovalie ne peuvent pas t’oublier. Ne nous oublie pas !

Jean-Louis Ibanez

Article paru dans « Les Collines du Magnoac », avril 2019

André, un joueur devenu légendaire !
André était un grand pilier au Stado. Cette époque a aussi marqué sa carrière.
André
La montée en 2e division du Magnoac F.C. en 1980.
André est le 5e en partant de la gauche, debout.
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CD65

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